Society

Une mère plaide pour une meilleure intégration de sa fille autiste

Par Karima Rhanem


Le manque de communication chez l’enfant atteint d’autisme est facteur d’un certain nombre de dysfonctionnements, de troubles et surtout de problèmes d’adaptation sociale. Photo. Handicap International

Salé – Maroc – Les parents sont généralement les premiers à déceler les symptômes d’autisme chez leur enfant. Un enfant autiste peut sembler se développer normalement pour se replier ensuite et devenir indifférent à tout contact social.

C’est généralement avec l’entrée en société (crèche, école, garderie) que les manifestations de l’autisme deviennent flagrantes, par les difficultés d’interaction sociale, problèmes de communication verbale et non verbale, comportements répétitifs ou centres d’intérêts restreints voire obsessionnels.

C’était le cas de Zoulikha lazaar qui vient de découvrir il y a quelques mois que sa fille Hind, 4 ans, souffre d’autisme.

« Je ne savais pas comment me comporter avec elle, comment communiquer avec elle ; elle avait un comportement un peu nerveux ; elle me connaissait pas et ça m’a causé une dépression ; j’ai visité plusieurs pédiatres mais en vain jusqu’à ce qu’un de mes proches ma demandé de consulter l’association El Youssr, » explique Zoulikha

Le manque de communication chez l’enfant atteint d’autisme est facteur d’un certain nombre de dysfonctionnements, de troubles et surtout de problèmes d’adaptation sociale. L’enfant atteint d’autisme a une perception perturbée du monde. Il traite l’information, comprend le monde à sa manière et souffre d’un problème au niveau de la structuration de l’information d’ordre sensoriel.

Incapable de se concentrer sur les informations fondamentales, il est envahi de multitudes informations constituant un déluge de stimuli, de sons, d’images et d’odeurs inexplicables. Son cerveau n’a pas les capacités de traiter l’information globalement en la reliant aux autres perceptions et de lui trouver un sens.

Dans cette optique, l’association El Youssr déploie beaucoup d’efforts pour engager les parents dans la dynamique de l’éducation de leurs enfants.

« Le parent est responsable du développement de son enfant pour lui construire un avenir meilleur. Les parents ont besoin d’une guidance qui leur indiquera comment s’y prendre et les initiera à de nouveaux réflexes éducatifs. Il est important, voire primordial, de leur donner ou redonner leur place de parents, place qu’ils ont souvent l’impression d’avoir perdue. L’implication signifie une participation active des parents, et de la famille toute entière, » explique Madame Malika Amakhchane, présidente de l’association El Youssr.

Chaque parent doit prendre connaissance des possibilités cognitives de l’enfant avec autisme, de savoir ce qu’il comprend, ce qu’il conçoit, ce qu’il accepte, ce qu’il attend. Après certaines explications, les parents reprennent confiance en eux et arrivent à décrypter plus facilement et plus spontanément ce que veut leur enfant.

D’ailleurs Zoulikha Lazaar, la mère de Bouchra, a déjà pris conscience du rôle qu’elle devrait faire afin d’intégrer sa fille dans la vie sociale et scolaire. Elle fait même du plaidoyer à l’école, vu qu’elle est institutrice, pour sensibiliser les parents des sensibilités autour de l’autisme.

« Il faut sensibiliser les écoles, instituteurs et responsables pour qu’il puissent donner plus d’attention à ces enfants. Quand je vois ma fille comment elle a progressé ces derniers mois avec l’assistance de l’association El Youssr, je pense qu’avec plus de patience, d’engagement, d’attention spécifique à ce genre d’enfants, on peut arriver et même surmonter le regard négatif de la société, » ajoute Zoulikha avec enthousiasme.

Zoulikha a constitué son monde à elle. Pour elle le regard de la société n’est plus important que le progrès de sa fille. Le parent a et aura toujours un comportement éducatif envers son enfant. Quel que soit l’âge de ce dernier, le rôle du parent sera de l’aider à se développer, à grandir et à faire sa vie et sa place dans la société.

Mais est ce le cas pour tout le monde ? Boubria zouhour, éducatrice au sein de l’association affirme que Zoulikha est parmi les mères exemplaires qui font des efforts pour intégrer leurs enfants dans la société ; une mère qui n’a pas honte de dire j’ai un enfant autiste.

« Ce qui me blesse beaucoup plus c’est l’indifférence de plusieurs parents alors qu’ils doivent leur donner plus d’attention et d’affection. L’association fait beaucoup d’efforts pour les intégrer dans l’école et dans le marché du travail mais une seule main n’applaudit pas. Si les parents ne s’engagent pas, nos efforts n’auront aucune valeur, » ajoute Zouhour avec tristesse.

L’autisme touche plus de 400,000 au Maroc. Il touche toutes les couches sociales et n’a pas de frontières. Il fait souffrir le plus démuni comme le plus aisé, les installe dans l’isolement, le désarroi et engendre l’éclatement de la famille et la précarité. Cette déficience généralement lourde fragilise aussi l’entourage de la personne atteinte d’autisme. En effet, l’autisme impose un accompagnement quotidien, une formation aux méthodes et techniques existantes, cause des complications administratives, et souvent un déséquilibre du budget familial.

Les parents d’enfants autistes qui ont la volonté de se battre pour leur enfant ne négligent aucune information disponible sur l’autisme, la manière de le combattre, les solutions mises à leur disposition. Plus les parents sont informés, mieux ils organiseront la prise en charge de leur enfant et pourront l’aider à évoluer.

Categories: Society

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